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Y a-t-il une solution au cauchemar du plafond salarial?


La LNH est une ligue comptable. Il est impossible de mettre en place une équipe de hockey sans avoir se plier aux nombreuses règles du plafond salarial imposé par Gary Bettman. Les directeurs généraux doivent user de nombreux stratagèmes pour réussir à faire « fitter » leur équipe dans le carré de sable qu’il leur est offert.


Malheureusement, les limites actuelles ne semblent plus cadrer avec la réalité des équipes et de nombreux observateurs, donc Eric Macramalla de Forbes et collaborateurs à TSN sur les questions économiques. Ce dernier y est allé d’un gazouillis assez cinglant hier que voici :

 

Pour ceux qui ne seraient pas très à l’aise avec la langue de Shakespeare, voici ma traduction :

  • 12 équipes de la LNH n'ont pas d'espace sous le plafond salarial;

  • 17 équipes ont des joueurs sur la liste des blessés à long terme;

  • 27 équipes ont moins de 3 millions de dollars d'espace sous le plafond salarial;

  • Beaucoup d'équipes veulent échanger des joueurs, mais ne peuvent pas à cause du plafond salarial;

  • Le mouvement des joueurs est bon pour le jeu; cela génère de l'intérêt de la part des amateurs pour la ligue.

Il est temps d'adopter une approche plus flexible pour le plafond salarial.

 

Selon moi, augmenter le plafond salarial ne résoudrait pas les problèmes de masse salariale des équipes, car cela entraînerait une augmentation des salaires de tous les joueurs, y compris ceux qui ont déjà des salaires élevés. Cela ne ferait qu'aggraver la situation des équipes ayant des difficultés à gérer leur masse salariale.


Autrement dit, augmenter le plafond salarial, sans changer les règles du jeu, ne sera qu’une bouffée d’air frais qui permettra aux DG d’aller de nouveau se pendre dans quelques années.

Et c’est sans parler qu’une augmentation du plafond salarial pourrait également entraîner une inflation des prix des billets et des produits dérivés, rendant le sport moins accessible pour les fans à revenus modestes.


Il existe d'autres solutions pour résoudre les problèmes de masse salariale des équipes, comme une répartition plus équitable des revenus entre les équipes ou la mise en place de limites salariales pour les joueurs de certaines catégories. Ces solutions seraient plus efficaces pour rétablir l'équité entre les équipes et améliorer la qualité du jeu.


Est-ce qu'il y a d'autres éléments à considérer?


Bien sûr et en voici quelques-uns :

  • Le système de restriction des joueurs éligibles pour les repêchages, qui a un impact direct sur la capacité des équipes à attirer et à conserver des talents.

  • La nécessité de favoriser la compétitivité des équipes de marchés plus petits et moins riches, qui ont souvent plus de difficultés à attirer des joueurs de qualité ou à les conserver.

  • L'impact des contrats à long terme (long-term injury reserve) qui peuvent permettre à certaines équipes de contourner les limites salariales.

  • La nécessité de protéger les intérêts des joueurs tout en garantissant une certaine équité salariale entre les équipes.

  • L'évolution des revenus liés aux droits télévisuels, qui ont un impact considérable sur les finances des équipes.

  • Les incidences fiscales et juridiques de certaines dispositions contractuelles qui peuvent influencer les choix des équipes.

Il est important de considérer tous ces éléments pour élaborer une solution efficace et équitable pour résoudre les problèmes de masse salariale des équipes de la LNH.


Alors, est-ce qu’il y a des solutions potentielles?


Tout d'abord, il est important de rappeler que les équipes de la LNH ne sont pas toutes logées à la même enseigne en termes de finances. Certaines équipes, comme les Maple Leafs de Toronto ou les Canadiens de Montréal, peuvent se permettre de dépenser des millions pour attirer les meilleurs joueurs. Leur rentrée d’argent leur permet amplement d’assumer une hausse du plafond salarial sans que cela n’affecte leur capacité à être rentable. Toutefois, d'autres équipes peinent déjà à joindre les deux bouts. Si on augmentait le plafond salarial, ce serait encore plus compliqué pour ces dernières. Et là, je ne parle pas des Coyotes de l’Arizona qui sont sur le respirateur artificiel depuis leur arrivée et qui devrait tout bonnement déménager vers une destination où le hockey génère le moindrement de l’intérêt.

Augmenter le plafond serait un incitatif pour augmenter le prix des billets et des produits dérivés. Les amateurs de hockey à revenus modestes pourraient se retrouver exclus de la partie. On peut imaginer un futur où seuls les millionnaires pourraient s'offrir un siège dans les gradins. C'est un peu comme si on transformait les arénas en clubs privés.


Enfin, il y a bien d'autres solutions pour résoudre les problèmes de masse salariale des équipes. Il est possible de répartir plus équitablement les revenus entre les équipes, ou de mettre en place des limites salariales pour certains joueurs comme c’est le cas actuellement avec les recrues. Ces solutions seraient plus efficaces pour rétablir l'équité entre les équipes et améliorer la qualité du jeu.


Il existe plusieurs ligues professionnelles qui ont mis en place des mécanismes pour gérer les finances de leurs équipes sans avoir à augmenter le plafond salarial. Voici quelques exemples :

  • La National Football League (NFL) utilise un système de partage des revenus qui permet de redistribuer une grande partie des revenus générés par la ligue aux équipes. Cela permet de compenser les écarts de revenus entre les équipes les plus riches et les plus pauvres.

  • La Major League Baseball (MLB) a mis en place un plafond salarial pour les équipes, ce qui limite le montant qu'elles peuvent dépenser pour les joueurs. Cela permet de maintenir une certaine équité entre les équipes, même si certaines équipes ont des revenus plus importants que d'autres. Les équipes riches peuvent dépenser au-delà des limites, mais elles doivent assumer une pénalité.

  • La Liga espagnole de football utilise un système de solidarité financière qui permet de redistribuer une partie des revenus générés par les équipes les plus riches aux équipes les plus pauvres. Cela permet de favoriser la compétitivité des équipes de marchés moins riches.

Il est important de noter que ces exemples ne sont pas des solutions universelles, chaque ligue a sa propre réalité, mais ils montrent qu'il existe des mécanismes pour résoudre les problèmes financiers des équipes sans augmenter le plafond salarial.


La LNH a de particulier que les contrats y sont garantis à 100%. Plus de flexibilité à ce niveau pourrait permettre de limiter l’impact des erreurs des directeurs généraux. Quoi que, est-ce que l’on veut vraiment que les DG soient moins imputables?


Je me pose sincèrement la question.


La LNH est un petit milieu, on dit souvent que le job d’entraîneur est le plus instable dans l’univers du sport. Pourtant, une fois que tu as fait ta marque dans la grande ligue, il n’est pas rare que tu puisses y revenir à maintes occasions. C’est le cas de Bruce Boudreau ou John Tortorella qui semblent avoir des dizaines de vies et qui ont pourtant connu des frasques notables dans leur carrière respective. Ce que je veux dire par là, c’est que les exemples sont nombreux de décideurs ayant mené leur équipe vers des situations plus que navrantes n’ont eu aucune peine à se retrouver du boulot.


Peter Chiarelli, désastreux à Edmonton comme directeur général, est actuellement vice-président des opérations hockey avec les Blues de St-Louis. Marc Bergevin, qui a réussi à vendre un reset à Geoff Molson et qui a laissé un club en phase d’entamer une reconstruction complète à peine quelques années plus tard, vogue la galère du côté de Los Angeles. Il y en a une tonne d’exemples comme ça un peu partout.

Leur offrir une carte joker pour se sortir du pétrin après de mauvaises décisions ne ferait qu’empirer la situation. La vraie solution, selon moi, passe par l’autorégulation. Les directeurs généraux doivent apprendre de leurs erreurs, surtout les plus flagrantes. Genre, tu n’offres pas un pont d’or à un gars qui vient de connaître une première saison de 50 points en carrière à 29 ans lorsqu’il devient agent libre pour ne nommer que cet exemple.


Je m’ennuie de l’époque où Pierre Lacroix trouvait toujours une façon de sortir un lapin de son chapeau à la date limite des transactions quand il était à la barre de l’Avalanche du Colorado. Mais cette nostalgie ne doit pas passer par-dessus l’imputabilité que devraient avoir les directeurs généraux face à leurs décisions.


J’aime bien l’idée d’avoir un plafond salarial plus flexible comme c’est le cas dans la MLB. Toutefois, il faut que le prix à payer pour te libérer d’un contrat problématique soit assez grand pour que cette option soit prise avec grande précaution, un peu comme c’est le cas des rachats de contrat.


Quelles pourraient être ces mesures offrant de la flexibilité tout en maintenant le niveau imputabilité des directeurs généraux?


La retenue de salaire pourrait être plus flexible. Pour moi, on parle ici de deux éléments contenus dans un seul point. Augmenter la flexibilité, c’est de laisser 100% de latitude pour les retenues de salaire. Tu pourrais conserver la totalité du salaire du joueur sur le nombre d’années que tu désires. Un contrat de 5 ans à 5 M$, tu pourrais conserver 90% du salaire la première année, 60% la deuxième, 30% la troisième et plus de retenu pour les années 4 et 5. Actuellement, la retenue de salaire est limitée à un maximum de 50% et elle est effective sur l’ensemble des années de contrat restant.


Il serait intéressant aussi de modifier le calendrier de paies des joueurs. En ce moment, le salaire et séparé en 8 tranches égales. Ça fait en sorte qu’à la date limite des échanges, il reste l’équivalent d’une paie et demie de salaire à recevoir au joueur. On pourrait faire en sorte qu’à la date limite des échanges, il ne reste que 10% du salaire à payer. Ainsi, le montant restant sur le contrat des UFA serait encore plus bas qu’en ce moment. Les clubs qui bataillent pour les meilleurs joueurs seraient plus nombreux, car l’espace comptable qu’ils ont de disponible serait plus grand. Ainsi, avec un plus grand nombre de clubs dans les enchères, on ferait en sorte que les équipes qui vendent auraient probablement plus d’éléments de qualité en retour de leurs joueurs.


On pourrait même imaginer un monde où le salaire du joueur serait divisé en deux notions distinctes. D’un côté, il y a l’argent reçu et de l’autre, l’écriture comptable. Je vous explique avec un exemple : Imaginons que le joueur Y reçoit 10 M$ pour la prochaine saison. Le DG voit qu’il sera coincé parce qu’il a besoin de signer le joueur X. Une entente entre le DG et le joueur Y pourrait faire en sorte que 50% (ce pourcentage pourrait varier) de son salaire soit transféré à la saison suivante. Le joueur recevrait 100% de son argent à l’année #1, mais sous le plafond, le salaire serait de 5 M$ à l’an #1 et de 5 M$ à l’an #2. Pour que le joueur accepte, une compensation pourrait lui être offerte, un peu comme c’est le cas avec les offres hostiles aux agents libres avec restrictions. Si le joueur à un salaire de 2 M$ et moins, il reçoit 250 000 $ de compensation. Entre 2 et 4 M$, 500 000$ en compensation. Entre 4 et 6 M$, 750 000$ et ainsi de suite. Pour que les autres équipes acceptent ce genre de manœuvres, il faudrait leur offrir une compensation. On pourrait s’imaginer un système où une compensation équivalente serait octroyée aux équipes les plus faibles de la ligue.


Autrement dit, il existe une tonne de solutions potentielles pour régler le problème du plafond salarial dans la LNH. Mais à force de réfléchir sur le sujet, j’en viens surtout à me dire que le problème profond du plafond, ce sont les DG eux autres mêmes. Il y en aura toujours un quelque part qui va tenter de contourner les règles, essayer de dénicher une faille et on finira par se retrouver avec des problèmes, peut-être sous une autre forme toutefois, éventuellement.


Comme on dit, là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie!

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