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Il est où le successeur de Carey Price?


Jeudi dernier, le Canadien de Montréal nous a gâtés avec une superbe cérémonie hommage à P.K. Subban. Comment ne pas faire quelque chose de flamboyant quand ça touche de près ou de loin l’ancien défenseur étoile du Tricolore? Pour être plate avec lui, il faut vraiment que tu t’autosabotes!


Mais pour moi, le moment le plus marquant a été le bout où Carey Price est venu le rejoindre sur la glace, attriqué de son classique chapeau de cowboy, pour nous offrir un Triple low five épique.


Un moment d’anthologie comme seul P.K. Subban en a le secret.


Assister à cette célébration m’a amené deux réflexions. La première est assez simple : combien de moments magiques comme celui-là aurions-nous pu avoir si Michel Therrien n’avait pas décidé d’empêcher les boys de faire le Triple low five? Dans le fond, l’ancien entraîneur a littéralement volé une tonne de moments de plaisirs et de joie aux partisans du club!


L’autre point, beaucoup plus profond, est au niveau de la suite des choses chez le Canadien. Si P.K. a déjà quelques remplaçants bien en selle à Montréal, c’est loin d’être le cas pour Carey Price. Personne ne semble avoir ce qu’il faut dans l’organigramme du Canadien pour le remplacer.

Ce n’est certainement pas Jake Allen ou Samuel Montembeault qui ont l’étoffe pour y arriver. Cayden Primeau? S’il y a un an ou deux, c’était un projet ambitieux, aujourd’hui, c’est pratiquement mort de son côté. Ça prendrait un alignement extraordinaire des astres pour qu’il se transforme en un gardien vedette dans la meilleure ligue au monde.


Il faudra donc creuser un peu plus loin pour trouver des options. Frederik Dichow et Jakub Dobes sont les seuls espoirs dignes de ce nom dans l’organisation. Dans les deux cas, je ne suis pas le seul à douter de leur aptitude à passer au prochain niveau puisque le Canadien ne les a toujours pas mis sous contrat. Pour Dobes, 21 ans, il évolue dans les rangs universitaires à Ohio State. Ça explique le fait qu’il n’ait pas de contrat puisque c’est interdit par les règlements, mais à son âge, il ne devra pas trop tarder à signer avec le CH s’il veut continuer sa progression.


Le fait est qu’il y a bien plus de chances qu’autre chose que le prochain Carey ne soit pas à Montréal en ce moment.


Les options pour le trouver ne sont pas très nombreuses. Ça va passer par le marché des transactions, celui des agents libres ou par le repêchage.


Des rumeurs circulent depuis quelque temps sur Internet à propos de possible prise sur lesquelles Kent Hughes tenterait actuellement de mettre la main. Devon Levi et Erik Portillo des Sabres de Buffalo. Yaroslav Askarov à Nashville. Michael DiPietro à Boston.

Personnellement, j’avoue avoir un faible pour Dustin Wolf du côté de Calgary. Mais faire ça, ça va te coûter quelque chose en retour et, clairement, Evgeny Dadonov, Jonathan Drouin ou Mike Hoffman ne permettront pas d’obtenir ce que tu convoites chez les clubs adverses. Il faudra être bien plus créatif pour arriver à une éventuelle transaction.


Hier, lors d’une discussion avec des collègues, nous parlions de ce problème. L’un d’entre eux mentionnait qu’il n’hésiterait pas à utiliser un choix de première ronde pour repêcher un gardien de but. Après tout, disait-il, Carey Price, Marc-André Fleury et Andreï Vasilevskyi sont des gardiens étoiles qui ont été choisis en première ronde.


En entendant cet argument, j’ai eu l’impression que j’étais face au biais du survivant. Quand on nous dit qu’un jeune ne passe jamais trop de temps dans la ligue américaine, c’est le même biais qui embarque. Tous ceux qu’on nous cite le sont parce que ça a fonctionné. Mais personne ne parle de ceux pour qui ça n’a pas marché ou qui se sont blessés durant le processus et qui n’ont jamais atteint la LNH. Ce sont des inconnus, pourquoi leur donner la parole de toute façon?


Je me suis donc dit que j’étais pour vérifier ce qu’il en était en réalité…


Premièrement, regardons la répartition des 33 gardiens de but actuellement actif dans la LNH en fonction de leur ronde de repêchage.


Première ronde : 5 (15%)

Deuxième ronde : 7 (21%)

Troisième ronde : 6 (18%)

Quatrième ronde : 4 (12%)

Cinquième ronde : 2 (6%)

Sixième ronde : 2 (6%)

Septième ronde : 1 (3%)

Jamais repêché : 6 (18%)


Autrement dit, 85% des gardiens de but actuellement dans la LNH et ayant un rôle prédominant n’ont pas été choisi en première ronde. Mais pourtant Carey Price, Marc-André Fleury et Andreï Vasilevskyi ont été des choix de première ronde et ils sont (ou ont été pour Price) des gardiens de premier plan. Tout à fait, mais ça ne veut pas dire que tu dois absolument utiliser un choix de première ronde pour dénicher ton gardien de but d’avenir.

D’ailleurs, cette répartition se retrouve aussi parmi les gardiens ayant été d’office pour au moins 100 matchs dans la grande ligue entre les saisons 2010-2011 et 2020-2021. Voici la répartition des 88 gardiens ayant atteint ce plateau :


Première ronde : 14 (16%)

Deuxième ronde : 19 (22%)

Troisième ronde : 11 (13%)

Quatrième ronde : 6 (7%)

Cinquième ronde : 7 (8%)

Sixième ronde : 4 (5%)

Septième ronde : 7 (8%)

Après la septième ronde ou jamais repêché : 16 (18%)


Ainsi, il serait plus logique, selon les statistiques que je viens de vous présenter, d’utiliser des choix de deuxième et troisième ronde pour y arriver puisqu’environ 35% des gardiens de but de premier plan de la LNH sont issus de ces rondes de sélection ou encore d’ouvrir nos horizons et de fouiller parmi les gardiens pros un peu partout dans le monde qui n’ont jamais été repêché puisqu’ils représentent environ 18% des gardiens de premier plan.


D’ailleurs, selon la majorité des observateurs, le meilleur espoir à cette position est Michael Hrabal des Lancers d’Omaha dans la USHL et il se classe autour du 27e rang. Avec ses choix de première ronde actuelle, le sien et celui des Panthers de la Floride, le Tricolore devrait parler à deux occasions dans le top 15 lors du prochain repêchage. Ce serait alors un bond vertigineux par rapport à son classement parmi les espoirs que de sélectionner Hrabal dans ces eaux-là. Ça viendrait aussi avec une pression qui n’est pas nécessairement bonne à mettre sur les épaules d’un jeune.


Comme nous en avions parlé lors de notre émission avec Antoine Samuel, entraîneur des gardiens chez les Wildcats de Moncton, il est quand même incroyable de voir que l’évaluation des gardiens de but est aussi hasardeuse dans la LNH. Dans l’état des choses, on dirait que les équipes lancent des dards à l’aveugle et espère tomber sur le Bull’s eye.


Pourtant, il existe des gens spécialisés dans le métier de gardien de but. Il doit bien y avoir quelqu’un, quelque part, qui soit capable de faire l’évaluation de ceux-ci et de se projeter dans le futur pour essayer de prédire leur développement. Ça devrait même être un poste officiel chez toutes les équipes de la LNH.


Mais bon, ça ne semble pas être une priorité pour personne jusqu’à maintenant et chez le Canadien, ça me donne l’impression que la recherche du successeur de Carey Price n’est pas à la veille d’être dénichée… surtout via le repêchage.

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